Emploi de l'IL2 en fin de conflit

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Emploi de l'IL2 en fin de conflit

Message par JG27_Belly » 21 oct. 2018, 05:34

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Extraits du « Le Fana de l’aviation – HS n°56 »

Dans la phase de rupture du front, les IL2 devaient accompagner les chars et l’infanterie sur toute la profondeur de la percée, survolant sans cesse le champ de bataille afin de frapper les troupes, l’artillerie et les blindés ennemis devant et sur les flancs de la progression des unités amies. Lorsque les première et deuxième lignes ennemies étaient conquises, la mission des IL2 était de repérer et détruire les points d’appui restants et les contre-attaques blindées. Les tirs devaient alors se faire précisément sur les points frappés par le leader. Pour ne pas perdre l’objectif de vue et assurer une action quasiment ininterrompue, le diamètre du cercle ne devait pas être supérieur à 1 ou 2 km.
Avec la mise en œuvre d’éléments mobiles du front, armées blindées, corps mécanisés, assurant la percée des lignes et l’encerclement des groupements ennemis, l’appui-feu et la couverture aérienne de ces opérations étaient la mission principale des VVS.
Il faut admettre que l’efficacité du soutien aérien des troupes au sol pendant les dernières phases de la guerre est pour une grande mesure à rapporter à la maitrise du ciel obtenue par les VVS, assurant aux IL2 une grande liberté d’action au-dessus du champ de bataille.

Ils ne prenaient que les plus aptes pour que la formation prenne le moins d’heure possible – on manquait d’essence … A la deuxième moitié du conflit, les élèves sortant de l’école, avec 8 à 10 vols sur IL2, étaient affectés à un régiment de réserve. Là les pilotes apprenaient l’utilisation en combat : vol en groupe, bombardements et tirs pour finir à 20-26 heures de vol. Des recruteurs arrivaient par la suite et les pilotes choisis s’envolaient en formation derrière ce dernier à destination du front.
Chaque nouveau pilote était contrôlé dans son régiment d’affectation pendant une semaine.
Pour les premières missions de guerre, les nouveaux venus devaient coller leur leader avec pour consigne d’imiter parfaitement toutes les actions de leur leader ; piquer, largage de bombes, ressources … ne jamais se laisser distraire !!! Les nouveaux avaient des difficultés à s’orienter, à comprendre … Après 5 à 6 missions ces nouveaux commençaient à comprendre et pour l’orientation, les anciens l’enseignaient par la suite.


Techniques d’emplois (2e moitié de la guerre) :

Le vol d’approche en vol rasant montra son inefficacité. Les IL2 furent employés à partir d’altitude de 800 à 1000m améliorant ainsi la navigation, l’identification des objectifs et la précision des tirs. Il fut établi que l’attaque d’une cible courte (un char ou un véhicule isolé) devait se faire en piqué depuis 500 à 700m en 3 passes minimum. La 1ère passe, tir de roquettes en salve par 4 à 300-400m de distance. A la 2e passe, largage de bombes à la sortie de piqué, à partir de la 3e passe tirs à la mitrailleuse et canon à 300-400m de distance.
Pour un objectif en longueur (concentration de troupes, colonne de véhicules), il était plus judicieux d’attaquer en vol rasant après une arrivée sous un léger piqué de 5-10° depuis une altitude de 100-200m, puis de faire une passe pour larguer les bombes.
Le bombardement pouvait se faire en vol horizontal ou en piqué ; pour viser, il y avait sur l’IL2 des marques spéciales sur le pare-brise et sur la capot moteur. « A l’approche, on se prenait un point de repère à côté de l’objectif. Il y avait sur le capot des traits courbes et , quand le nez de l’avion venait à cacher l’objectif, et que le point de repère se trouvait à la jonction des courbes, c’était le moment de larguer. Les bombes à souffle étaient larguées en vol horizontal à 900-1000m, les petites bombes anti chars en piqué à 50-100m. »
En fait, la condition pour employer tout l’armement de l’IL2 était d’utiliser chacune des armes séparément. Mais parfois le tir de la Flak était tellement dense que les avions tiraient aux roquettes, aux canons et aux mitrailleuses tout en larguant les bombes.

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Le plus grand risque d’être abattu, soit par la Flak soit par la chasse Allemande, était couru par l’IL2 lors de sa sortie de la passe de tir, le pilote de l’avion qui le suivait, alors occupé par l’attaque de l’objectif, n’étant pas en mesure de réagir aux tirs ennemis. Pour en tenir compte, dans certains cas, une partie des IL2 était affecté à l’attaque des défenses ennemies.

Les régiments d’assaut utilisaient principalement le « cercle libre ». Seul le sens de rotation était prévu à l’avance, la distance entre avions pouvait varier. « On formait un ‘’cercle’’, incliné d’environ 30°, avec des intervalles de 500-600m entre avions et on attaquait, revenant 5 ou 6 fois … Avant la passe de tir, le principal est de garder sa place et de bien remarquer le début de l’attaque du leader ; si tu rates le moment de plonger derrière lui, tu prends un retard impossible à rattraper. La chasse assure la couverture, le contrôleur intervient pour corriger les passages, suggère où tirer, prévient de l’arrivée de la chasse ennemie … »

Le plus délicat était le moment du dégagement après l’attaque. La formation s’étirait, les intervalles croissaient au point que les pilotes non seulement ne coordonnaient plus leurs tirs, mais se perdaient de vue, les groupes se divisaient parfois en paires séparées. C’est là, quand le groupe n’était pas encore rassemblé que les chasseurs d’escorte ne pouvaient pas protéger chaque équipage d’une formation qui s’était étirée.
Les IL2 quittaient le plus souvent leur objectif en vol rasant ; le leader rassemblait le groupe en zigzaguant.
En cas d’attaque de la chasse, les avions d’assaut prenaient généralement la formation en cercle. Pour être efficace, une telle formation doit compter au moins 6 à 8 appareils. Chaque équipage entrant dans le cercle prend la responsabilité de la défense devant lui et n’a plus le droit de quitter sa position. Les pilotes ont ordre de louvoyer à droite et à gauche et de voler en montagnes russes.



Vu le manque catastrophique d’avions de reconnaissance spécialisés, les IL2 produits en grandes quantités, disposaient d’une certaine polyvalence et il arrivait assez souvent qu’on leur confie des missions de reconnaissance visuelle, voire photographique.
Le plus souvent ils partaient à 2, avec une couverture de chasse. On leur confiait un secteur à moins de 30km ou 50km du front. Leur mission consistait à effectuer une couverture photographique du secteur, éventuellement à procéder à une attaque pour obliger les batteries camouflées à se démasquer. De telles missions étaient assez dangereuses, comme en général tout l’activité des avions d’assaut. De plus, parfois il n’y avait pas du tout de couverture de par la chasse.
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